Lanceur d'alerte

©Gerd Altmann/Pixabay
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©Gerd Altmann/Pixabay

Lanceur d'alerte

4 mars 2019

Le nouveau livre de Shafique Keshavjee - L’islam conquérant - ne laissera personne indifférent. Il a déjà suscité bon nombre de réactions, plus ou moins lucides. J’aimerais souligner ici trois contributions de ce livre qui me paraissent particulièrement précieuses.

Avec beaucoup de finesse et d’érudition, Shafique Keshavjee montre d’abord la grande variété de l’islam contemporain. Il montre que seule une minorité de musulmans glisse ou risque de glisser dans la violence. Seule une minorité adhère à ces trois dimensions de l’islam qui sont bien présentes dans les textes musulmans: une spiritualité communautaire, un projet politique et une stratégie militaire. La majorité des musulmans pratique seulement la première de ces dimensions: l’islam comme spiritualité communautaire. Shafique Keshavjee nous permet par là d’éviter aussi bien la diabolisation de tous les musulmans que l’angélisme béat qui nous assure que l’islam est une religion de paix qui n’a rien à voir avec la violence. Une minorité de musulmans se nourrit des textes violents de l’islam et rêve de dominer le monde en conformité avec l’exemple de leur prophète.

Parmi les quinze caractéristiques d’une stratégie de conquête que Shafique Keshavjee a mises en lumière, je souligne ici l’une d’entre elles: «Se poser en victime, jamais en agresseur» (p.102). C’est ainsi que Pascal Gemperli, porte-parole de la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS), accuse Shafique Keshavjee de lancer une «polémique gratuite». «Cela me dérange, dit-il, de devoir toujours répéter que nous sommes des gentils et des bons petits Suisses, que nous n’avons pas l’intention de commettre des meurtres. Je comprends un certain besoin de clarification de la part du public mais, en réalité, c’est ridicule de devoir répondre à des questions pareilles» (24heures du 5 février 2019).

Pour Shafique Keshavjee, au contraire, «il est indispensable que les responsables musulmans explicitent comment ils renoncent effectivement à tous leurs textes violents, conquérants et guerriers» (p. 64). M. Gemperli ne me rassure pas quand il se positionne comme victime et qu’il pratique la politique de l’autruche. Un exemple: il existe de nombreuses situations où un musulman qui a adhéré à la foi chrétienne est menacé par son entourage mais M. Gemperli assure qu’il n’a «jamais entendu un imam ou un autre propager de telles bêtises» (Ibid.).

J’aimerais pour terminer souligner ce paragraphe du livre de Shafique Keshavjee:

«Que des musulmans cherchent à promouvoir partout la Vérité d’Allah et de son prophète est compréhensible. Ils sont certains que cette Vérité est la meilleure et qu’elle mène au paradis. Mais que des non-musulmans, par ignorance de la complexité de l’islam et de leurs propres racines, leur ouvrent les portes sans discernement et sans exigences éthiques est autrement plus grave.» (p. 196). A mon sens, ce livre ne cherche pas à discréditer l’islam ni à changer les musulmans mais à alerter les responsables politiques et médiatiques. Il n’est pas polémique mais prophétique: ouvrez les yeux! Pour le bien des musulmans et des non-musulmans, ne laissez pas la minorité violente prendre racine chez nous.

A mon avis, la mollesse et l’aveuglement des Occidentaux sont les plus grands dangers que nous courons! En voici un exemple: Qu’un père de famille musulman dise à l’institutrice de son fils qu’il n’apprécie pas qu’on parle de Noël à l’école est compréhensible. Que l’institutrice renonce pour cela à toute mention de Noël est gravissime. Un autre exemple: qu’un responsable musulman critique le livre de Shafique Keshavjee est compréhensible. Qu’un théologien protestant se pose en défenseur de l’islam comme le fait Jean-Marc Tétaz dans 24heures (18 février 2019) relève de l’aveuglement.