Ouverture d'un dialogue entre les protestants d'Europe et le Vatican

© FEPS/Olivier Hochstrasser
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Gottfried Locher et le cardinal Kurt Koch tenant la déclaration d'intention proposant de commencer un dialogue officiel entre les protestants d'Europe et le Vatican. Elle a été signée à la cathédrale de Bâle le 16 septembre dernier.
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Ouverture d'un dialogue entre les protestants d'Europe et le Vatican

Genèse
Les Eglises protestantes d’Europe se sont réunies à Bâle du 13 au 18 septembre dernier. Les jalons d’un dialogue avec l’Eglise catholique romaine ont été posés lors d’une célébration en présence du conseiller fédéral Ignazio Cassis.

Le dialogue est officiellement ouvert entre les protestants d’Europe et le Vatican. La signature d’une déclaration d’intention (photo) entre le cardinal Kurt Koch, ministre de l’oecuménisme de l’Eglise catholique romaine et le président de Communion des Eglises protestantes d’Europe (CEPE) Gottfried Locher – qui est aussi président la Fédération des Eglises protestantes de Suisse – marque la première étape du processus.

Rencontre historique

Ce document symbolique devrait servir d’impulsion pour aborder de manière approfondie les questions centrales qui se posent entre les deux confessions, telles que des prises de position communes ou le partage de la communion. L’ordination des femmes et d’autres sujets polémiques nécessiteront certainement un peu plus de temps. « Nous devrions présenter les premières réflexions d’ici deux à trois ans », espère Gottfried Locher.

« Les premières réflexions devraient être présentées dans deux ou trois ans »

La prochaine étape sera de mettre sur pied un groupe d’experts d’une douzaine de personnes. «Il est très important qu’il ne soit pas constitué que de grands théologiens. Des représentants de la base des Eglises participeront également aux discussions», ajoute le président de la CEPE.

La démarche a été saluée par le conseiller fédéral et ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis. Il a souligné que par le passé, l’accent n’a pas toujours été mis sur ce qui unit, mais souvent sur ce qui divise. Pour le conseiller fédéral, le fait qu’un tel document ait été signé en Suisse a toute son importance. «La Suisse a une longue tradition de dialogue. Nous ne sommes pas un gouvernement d’opposition. Au Conseil fédéral, nous pratiquons une sorte d’oecuménisme au quotidien», s’est exprimé Ignazio Cassis dans son discours.

Débats nourris

La célébration à la cathédrale de Bâle, qui a réuni presque un millier de personnes, s’est faite en allemand, français et anglais avec quelques apports dans d’autres langues. Le message principal portait sur l’engagement pour l’unité et la paix. Des chants de Jodel ont rythmé la liturgie.

Durant leur session, les Eglises membres de la CEPE ont adopté le document « Etre Eglise ensemble ». Celui-ci renforce le but initial de la Communion d’Eglises, à savoir l’unité dans la diversité avec trois objectifs principaux : approfondir la communion, promouvoir l’unité des chrétiens et servir la société. Des groupes de travail ont présenté leurs conclusions sur des thèmes tels que la pluralité des religions ou l’éthique en médecine reproductive.

Plusieurs représentants se sont également inquiétés de la fragilisation politique de l’Europe. L’assemblée a réélu Gottfried Locher à la présidence de la CEPE, et a adopté une résolution à propos de la Syrie.

La CEPE en bref

La Communion d’Eglises protestantes en Europe (CEPE) regroupe 94 Eglises luthériennes, réformées, unies et méthodistes. Issues de plus de trente pays du Vieux Continent, mais aussi d’Amérique du Sud, elles représentent quelque cinquante millions de personnes.

Fondé en 1973 par l’adoption de la Concorde de Leuenberg, le but premier de la CEPE était de créer des passerelles entre les Eglises protestantes et luthériennes. Les Eglises membres se retrouvent tous les six ans pour une assemblée générale qui se déroule à chaque fois dans une ville différente.