Les pasteurs francophones bernois soucieux du bilinguisme

Le Centre de Sornetan traverse actuellement une passe difficile. / © Nicolas Meyer
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Le Centre de Sornetan traverse actuellement une passe difficile.
© Nicolas Meyer

Les pasteurs francophones bernois soucieux du bilinguisme

17 juin 2019
Le Synode de l’arrondissement jurassien des Églises réformées Berne-Jura-Soleure a voté une motion qui demande une plus grande prise en compte de la langue française au sein de l’Église.

Réuni le samedi 15 juin dernier à Sornetan, les délégués à l’assemblée ont longuement débattu de la question du bilinguisme. La discussion a été lancé par la motion du pasteur de Corgémont David Giauque qui s’est dit préoccupé de l’évolution des rapports de travail en français lors de la reprise des emplois des pasteurs bernois par l’Église. Auparavant employés du canton, ces derniers dépendront directement de l’Église dès le 1er janvier 2020. «En matière de traduction, ce sera le passage de l’éléphant à la souris», a observé le directeur du Centre social protestant Pierre Ammann, le canton disposant d’un service de traduction bien plus étoffé que celui de l’Église. Plusieurs délégués ont toutefois souligné que de nombreux efforts étaient fait en matière de bilinguisme. Une marge de progression est toutefois souhaitée.

Comptes validés

Les délégués ont également accepté le rapport d’activité 2018 et validé les comptes 2018 avec un excédent de charges de 28 409 francs sur une somme globale de 1 281 529 francs. Une modification de la clé de répartition des contributions aux œuvres d’entraide a été acceptée. Elle se basera désormais uniquement sur les rentrées d’impôts, alors qu’elle tenait auparavant compte du nombre de paroissiens. Une étude chiffrée a été demandée. La somme globale récolté par l’arrondissement reste inchangée, à savoir 700 000 francs par année.

L’éventuelle fusion des œuvres Pain pour le prochain et de l’Entraide protestante suisse a fait l’objet de discussions. Plusieurs délégués craignent une fragilisation des liens avec les paroisses qui les financent. Les participants au Synode ont pu profiter d’un interlude historique de Sylviane Messerli, directrice de Mémoires d’ici, le Centre de recherche et de documentation du Jura bernois. Elle a présenté une série de documents réunis par le pasteur Frêne à la fin du XVIIIe siècle qui viennent d’être numérisés.

Centre social protestant

En parallèle, se tenait également l’assemblée du Centre social protestant (CSP) et du Centre de Sornetan. Le CSP a présenté cette année un rapport volumineux en deux langues, puisque son secteur d’activité à Bienne est bilingue. Un travail d’envergure nécessaire afin de pouvoir présenter et justifier ses activités auprès des paroisses et des différents mandats auxquels il doit rendre des comptes, tel que le département de l’économie publique et de la santé et prévoyance sociale du canton de Berne. «Il faut dire qu’avec un budget de plus de 11 millions et une centaine de collaborateurs, la chose ne peut pas se faire à la légère», a souligné le président du CSP Jean-Philippe Marti. Le CSP continue de développer ses engagements dans le domaine de l’asile et des réfugiés ainsi que dans la réinsertion professionnelle.

Le Centre de Sornetan dans la tourmente

Ambiance plus morose lors de l’assemblée du Centre de Sornetan. La situation devient très préoccupante au niveau financier. En 2018, les comptes ont affiché une perte de 99 580 francs. Le comité envisage plusieurs solutions qui seront présentées lors du Synode d’automne. Des mesures urgentes devraient être prises d’ici là. La baisse de la fréquentation dans le domaine hôtelier est la cause majeure de cet état de fait. Le responsable de la formation, le pasteur Alain Wimmer, a quitté son poste pour reprendre la paroisse de Sonvilier. Des mandats ponctuels seront confiés à différents intervenants pour assurer la transition avant d’entamer une réflexion plus globale sur la question.