Quatre scénarios présentés pour l’avenir du Centre de Sornetan

© Pierre Bohrer
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© Pierre Bohrer

Quatre scénarios présentés pour l’avenir du Centre de Sornetan

Au vert
Pensé dans les années 1960 et construit au début des années 1970, le lieu dédié aux retraites ecclésiales du Jura bernois ne fait plus recette. Pour le futur, plusieurs options sont envisagées, y compris de s’en séparer.

Depuis plusieurs années, le Centre de l’Église réformée de Sornetan (BE) rencontre des difficultés: le taux d’occupation est insuffisant, les activités de formation diminuent et le secteur hôtelier est déficitaire. Les paroisses, qui sont propriétaires du centre, n’utilisent que très rarement ses infrastructures. L’inaccessibilité en transport public pèse également dans la balance. Cette situation nécessite que des mesures soient prises dans les années qui viennent. Un groupe de travail s’est penché sur la question de manière très factuelle et a dégagé quatre scénarios possibles.

Abandon total ou partiel?

Le premier serait de sortir le volet formation des Églises des activités du centre. Celui-ci deviendrait dès lors client, ce qui permettrait des simplifications organisationnelles et un meilleur équilibre comptable. Les Églises continueraient à subventionner le centre à hauteur de 500 000 francs annuels. Pour le moment, les activités de formation fonctionnent au ralenti, dans l’attente d’une décision. Le deuxième scénario consisterait en une vente totale du patrimoine et une liquidation de l’association qui gère le centre. Une décision radicale qui nécessiterait une durée de deux ans et des financements complémentaires.

Deux scénarios intermédiaires pourraient également être envisagés. Une vente partielle, qui consisterait à se séparer de l’immeuble locatif appartenant au centre, pourrait renflouer les comptes. La location à des tiers tels que des instituts médicaux pourrait également être une option. Le Conseil du Synode jurassien (exécutif) n’a pas souhaité ouvrir les débats sur la question lors de la rencontre du Synode (organe délibérant) de novembre passé. Il invite les délégués des paroisses, qui font partie de l’assemblée du Centre de Sornetan, à étudier la question. Une séance d’information aura lieu le 29 avril prochain et une assemblée extraordinaire sera planifiée avant l’été. Ce sera à elles de trancher sur le futur du Centre de Sornetan

Place aux séminaires

Sornetan, Crêt-Bérard, le Louverain, Cartigny, Charmey… Autant de lieux qui riment, pour beaucoup, avec camp de catéchisme ou retraite spirituelle. Mais ces dernières décennies, les Églises s’en sont désinvesties.

Le Centre de rencontres de Cartigny (GE) a ainsi fermé. Dans les hauts des Geneveys-sur-Coffrane (NE), le Louverain n’a quant à lui «plus de direction pastorale» depuis 2003, selon le site web du lieu, qui a changé de mains en 2012. «Nous y organisons chaque année une rencontre du Synode, mais formellement l’Église réformée évangélique du canton de Neuchâtel n’a plus de lien avec», confirme Angélique Neukomm, porte-parole de cette Église. Dans le canton de Fribourg, le centre réformé de Charmey a été donné en 2007 à une fondation indépendante qui exploite toujours le lieu. Ces différents établissements accueillent donc aujourd’hui surtout des mariages, séminaires, etc.

Crêt-Bérard à Puidoux (VD) garde des liens institutionnels avec l’Église réformée vaudoise «Notre maison est occupée à 70 % par des externes, principalement pour des formations et du développement personnel», décrit Alain Monnard, pasteur résident. Pas question pour lui de renoncer à la dimension ecclésiale du lieu: «Il faut vraiment rester qui on est.»

Notons enfin le camp de Vaumarcus, géré par une fondation indépendante et créé par l’Union chrétienne de jeunes gens, ainsi que les activités d’accueil proposées par les communautés de Saint-Loup à Pompaples (VD), Grand- Champs à Areuse (NE) et Don Camillo à Montmirail (Thielle-Wavre NE). (JoB)