Libérer la parole sur le suicide assisté

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Fin de vie peut aussi rimer avec soins palliatifs, qui ont connu une évolution importante ces dernières années.
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Libérer la parole sur le suicide assisté

Souffrance
Face aux interrogations toujours plus nombreuses autour du suicide assisté, l’équipe de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) chargée de la formation d’adultes à Morges-Aubonne prévoit un cycle de débats.

Comment se comporter en tant que pasteur face à une demande d’accompagnement lors d’un suicide assisté? Comment accueillir la demande de la personne, parfois en contradiction avec celle des proches?

«La présence d’un pasteur ou d’un prêtre lors d’un suicide assisté donne une officialité à l’événement qui peut être perçue comme une caution ou un soutien envers cet acte, et fait donc débat», explique François Paccaud, pasteur qui a participé à l’organisation de ce cycle de rencontres autour du suicide assisté, constatant que cette idée «se banalise depuis une trentaine d’années». La position de l’EERV, rappelle-t-il, est de privilégier les soins palliatifs sans toutefois s’opposer au suicide assisté.

Outre les pasteurs, proches et soignants sont très nombreux à s’interroger face à cette pratique. Les premiers «ont beaucoup de difficulté à accepter ce choix, qui est la plupart du temps le fait de personnes dotées d’un fort caractère, propres à assumer leur mort de manière active. Tout le monde n’a pas cette capacité», remarque François Paccaud, qui pointe aussi toute la problématique de la culpabilité.

Les soignants sont tiraillés parce qu’ils ont l’obligation d’accueillir les suicides assistés dans leurs murs, alors qu’ils se représentent souvent leur métier comme une aide pour continuer à vivre. Face à toutes ces interrogations, les organisateurs de ce cycle de conférences souhaitent «libérer la parole, réfléchir de manière large, offrir à tous un espace où la dimension philosophique et spirituelle est mise en avant ». Confrontés au refus de la souffrance et de la déchéance, et à l’angoisse que peuvent susciter ces situations, ils souhaitent aussi mieux faire connaître les soins palliatifs.

La première soirée donnera la parole à une série de professionnels, notamment Karine Vantieghem, médecin cheffe de l’Unité de soins palliatifs de l’hôpital d’Aubonne qui a beaucoup d’expérience dans l’accompagnement de la fin de vie. Une seconde sera axée sur la parole des proches, et un débat final que François Paccaud veut, « sans tabou et serein », devrait clôturer le tout.

Trois soirées d'échanges

« A l’écoute des professionnels » le 31 janvier.

« A l’écoute des proches » le 14 février.

« EXIT, une option ? » le 7 mars.

Trois soirées organisées à la chapelle des Charpentiers, rue des Charpentiers 13 à Morges, à 20h.

Plus d’informations: www.formationmorgesaubonne.eerv.ch