Fous d'images

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Camille Andrès, journaliste
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Édito
Quand une case vaut mille mots

Anodin, le dessin ? Que nenni, il continue de déranger. L’attentat contre Charlie Hebdo, ou plus récemment, en juin, l’éviction de tous les dessinateurs de presse de l’édition internationale du New York Times à la suite d’un dessin malheureux.

Non seulement la bande dessinée ou plutôt le dessin au sens large n’est pas mort, mais en plus il a envahi toute notre vie. Combien en croisez-vous au quotidien? Publicités, films d’animation, livres d’histoires, illustrations…

Le dessin n’a évidemment pas échappé au marketing et ses nouveaux outils de production expliquent qu’il a tout envahi. Les tirages de bédé diminuent, mais la diversité de l’offre n’a jamais été aussi grande. Et le web est un nouveau terrain de jeu. Avec ce nouveau support de diffusion, la bédé s’est démocratisée, renouvelée, inspirée des mêmes, des émoticônes, de l’animation et de tout le langage propre et en évolution permanente que produit la culture web.

Mais au fil de ces évolutions, la bédé n’a rien perdu de son rôle subversif, et reste là pour dire les choses qui fâchent, expliquer, faire réfléchir. C’est bien grâce au succès du blog d’Emma, ingénieure informaticienne et dessinatrice, qui a expliqué en images le concept de «charge mentale» que ce terme a été popularisé, pour rendre visible des inégalités tues jusque-là. (www.pin.fo/emma)

A l’heure où notre temps d’attention est réduit, les images ont un pouvoir encore plus grand, rappelait récemment le dessinateur Patrick Chappatte. Raison de plus pour se familiariser avec leurs codes, toujours changeants, et garder un œil sur ses évolutions.