Maurice Gardiol

© Eric Esquivel
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Maurice Gardiol est diacre retraité de l'Église protestante de Genève.
© Eric Esquivel

Maurice Gardiol

Rencontre
Maurice Gardiol (72 ans) est diacre retraité de l’Eglise protestante de Genève (EPG). Il est très engagé dans le monde associatif, notamment à la Plateforme interreligieuse de Genève. Il se livre au jeu des questions.
«Ma rencontre avec des exilés de tous pays m’a énormément nourri»

Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin?

L’envie d’entreprendre, de créer, d’être à l’écoute des autres et du monde. De chercher un sens à ce que je vis et à ce que l’on vit ensemble.

Comment vos amis pourraient-ils vous décrire?

Comme quelqu’un de créatif, d’engagé, qui donne des impulsions et qui, des fois, va trop vite pour que les autres suivent.

Une rencontre déterminante?

Le docteur Paul Tournier. Il a initié «la médecine de la personne». Il a marqué ma réflexion et ma quête d’identité. Ou encore Jacques Ellul, que j’ai rencontré à une reprise.

Quel est le meilleur conseil que l’on vous ait donné?

Souviens-toi de vivre !

Qu’est-ce qui vous a le plus enrichi?

Ma rencontre avec les exilés de nombreux pays, dans le cadre de mes engagements avec l’Aumônerie genevoise auprès des requérants d’asile et des réfugiés (AGORA), à Camarada (ndlr : le centre d’accueil et de formation pour femmes migrantes) et dans les prisons.

Le plus grand honneur que l’on vous ait fait?

Devenir père.

Votre prochain grand défi?

Lâcher prise, passer le témoin et rester vivant.

Le verset qui vous accompagne partout où vous allez?

Difficile d’en choisir un seul ! Le psaume «Mon être, bénis le Seigneur, tout ce qui est en moi bénit son saint nom» que l’on appelle parfois la prière du coeur. Il peut se dire dans une simple respiration et permet de se recentrer sur l’essentiel.

Quelle est l’idée forte du protestantisme?

La grâce seule. C’est-à-dire, finalement, une reprise de ce que disait déjà Augustin: «Aime et fais ce que tu veux.» C’est l’amour qui oriente notre action. Les chrétiens pourront-ils être un jour unis? Oui, pour autant que l’on ne considère pas l’unité comme une uniformité. Et que l’on puisse compter sur un mouvement de la base, sans attendre de directive des institutions.

Ce qui vous agace le plus dans l’EPG?

Sa difficulté à se libérer de certaines habitudes et traditions. Mais je n’aime pas généraliser. Il y a aussi, au sein de l’Église, des personnes et des lieux qui savent innover.

La thématique religieuse qui vous tient le plus à cœur?

Le dialogue interreligieux, qui est un défi important. Genève est un haut lieu pour développer l’œcuménisme. J’espère qu’elle sera aussi un espace pour construire un dialogue fort entre les gens de différentes convictions et religions.

Le lieu qui se rapproche le plus du monde céleste?

La montagne et les monastères.

Faut-il inventer une nouvelle manière d’aimer Dieu?

Avec toujours plus d’écoute et moins de paroles.