Laisser travailler la vie - en hiver 4 : Frapper à la porte

Porte bientôt ouverte
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Laisser travailler la vie - en hiver 4 : Frapper à la porte
Porte bientôt ouverte

Laisser travailler la vie - en hiver 4 : Frapper à la porte

10 janvier 2019

Bonne année… de travail ! Au matin de l’an neuf, vos activités vous attendaient, vous vous y êtes remis. Mais sous quel éclairage, avec quel objectif ?

Depuis deux mois, je décris ici comment nos activités attendent de se déployer selon le rythme de la vie naturelle et cherchent en hiver leur voie. Un printemps, un été, un automne vont venir, un enfantement est en perspective, et la lumière de Jésus réparateur va monter comme un soleil au ciel de notre année.

Car la parole thérapeutique de Jésus répare ici nos illusions : « Nous sommes de simples serviteurs », disent des gens dont il raconte l’histoire, «ce que nous devions faire, nous l’avons fait !» (Luc 17,10).

L’efficacité attendue n’est pas celle des grands projets ou des bonnes intentions de Nouvel-An ! Nous n’allons pas transformer le monde, juste commencer nos devoirs de l’année – et les achever, si possible. Faire ce qu’on attend de nous, d’abord : les exploits seront pour plus tard.

Mais l’efficacité invisible de la vie travaille avec nous, tant au privé que dans nos métiers : Jésus raconte comment cette ménagère, ayant mis son levain dans la farine, attend… – Efficacité invisible du levain… bientôt visible !

Et il continue dans cette même ligne, très explicitement, à nous pousser à agir : « La porte va s’ouvrir : frappez ! Vous allez trouver :  cherchez ! Vous allez recevoir : demandez ! Car celui qui cherche va trouver…» (Luc 11,10, mais ne traduisez pas par «Qui cherche trouve» comme si tout dépendait d’une recherche assidue garantissant de réussir : la promesse de réussite est derrière la porte bientôt ouverte, à laquelle il s’agit de frapper).

Nos gestes dépendent d’abord d’une perspective de réussite offerte : efficacité promise à celles et ceux qui persévèrent ! Nous savons que demander et chercher : nous frappons à la porte et frapperons encore. Mais il n’y a aucune garantie ni sur la qualité ni sur la quantité d’activités que nous allons déployer (moins sera peut-être mieux !), et nous n’avons pas à désirer efficience ni «succès»  : là où nous sommes, nous faisons « ce que nous devons », comme disaient les serviteurs, pour que la vie tienne. Le reste n’est pas entre nos mains, mais chaque geste mérite respect.

Notre vie active n’est pas simplement «emploi» ou «ménage» : elle est persévérance, résistance au froid ambiant (l’image de l’hiver parle bien), création d’un pain nourrissant avec la farine et le levain… – Et la suite viendra en son temps !

Oui, la porte va s’ouvrir ! Ce ne sera pas éternellement l’hiver…  – et déjà le temps d’attente de l’Avent est derrière nous, déjà l’enfantement en perspective s’est annoncé, une nativité nous a ouvert une année favorable : alors repartez chercher, vous allez trouver !