Moutier favorise une paroisse transfrontière

Moutier favorise une paroisse transfrontière / ©P.Bohrer
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Moutier favorise une paroisse transfrontière
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Moutier favorise une paroisse transfrontière

Appartenance
En vue du passage de la commune de Moutier dans le canton du Jura en 2026, la paroisse réformée travaille sur une solution transfrontalière. Objectif: maintenir les collaborations avec les autres paroisses du Jura bernois.

A la suite de nombreuses réflexions et consultations, le conseil de la paroisse réformée de Moutier a opté pour la solution qui lui paraissait la plus pragmatique. Principale difficulté dans l’équation, le fait que la paroisse de Moutier englobe les villages environnants de Belprahon, Perrefitte, Roches, La Scheulte et Elay qui restent bernois, et où vivent approximativement 20% des paroissiens. «Le passage de la commune de Moutier dans le canton du Jura nécessitera forcément des adaptations. Plusieurs hypothèses ont été posées et le conseil de paroisse a décidé de favoriser celle qui lui semblait faire le plus large consensus», précise Cédric Némitz, consultant dans le dossier, ancien conseiller communal biennois, pasteur et journaliste. Durant plusieurs mois, il est entré en dialogue avec les paroissiennes et paroissiens pour évaluer leurs attentes: «C’est finalement la solution qui engendrera le moins de changements qui est plébiscitée», ajoute-t-il. 

Poursuivre le travail en région

La paroisse de Moutier proposera donc, à son assemblée du 12 décembre prochain, un projet de convention de paroisse transfrontalière, avec maintien des collaborations régionales au sein du Par8, qui englobe également les paroisses de Tramelan, Haute-Birse, Sornetan, Bévilard, Court et Grandval. Le tout avec une volonté affirmée de renforcer les interactions avec l’Eglise jurassienne. «Cela permettra de maintenir l’unité de la paroisse sur son territoire actuel, de poursuivre l’étroite collaboration avec la paroisse de Grandval, avec laquelle elle fonctionne en binôme au sein du Par8, ainsi que les autres collaborations régionales. Cette solution préserve les acquis et ouvre des perspectives en plaçant la paroisse de Moutier au-dessus des frontières cantonales, lui permettant de jouer un rôle de pont, au-delà des conflits du passé. Peu de changements seront en définitive perceptibles, mais un travail administratif plus conséquent est à prévoir», complète Natacha Houriet, administratrice de la paroisse réformée de Moutier.

Partenaires à l’écoute

La convention entre les deux Eglises réformées bernoise et jurassienne est en cours d’élaboration et devra encore être validée par les deux cantons respectifs. «La paroisse peut compter sur le soutien des services des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure, qui jouent un rôle de facilitateur en se basant sur des expériences similaires de paroisses transfrontalières dans les régions de Morat et de Soleure. L’Eglise réformée bernoise et l’Eglise réformée jurassienne faisant partie de la même union synodale depuis la création du canton du Jura, il faut souligner que l’on reste quelque part dans la même Eglise», ajoute Cédric Némitz. Du côté de l’Eglise réformée jurassienne, comme cela a été stipulé à maintes reprises lors des assemblées, l’essentiel est que la volonté des paroissien·nes soit respectée.

Une solution similaire est envisagée du côté de la paroisse catholique de Moutier, qui englobe encore plus de villages environnants puisqu’elle couvre l’ensemble du Cornet avec les villages de Grandval, Eschert, Crémines et Corcelles. Une adaptation, ici aussi, qui ne devrait pas engendrer de grands changements, puisque la paroisse fait déjà partie intégrante du Jura pastoral, qui couvre le Jura et le Jura bernois.