L’Association des familles interconfessionnelles de Suisse met la clé sous la porte

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L’Association des familles interconfessionnelles de Suisse met la clé sous la porte

Laurence Villoz
30 janvier 2018
Après douze années d’existence, l’association qui soutenait et conseillait les couples composés d’un conjoint protestant et l’autre catholique cessera ses activités
La demande n’est plus au rendez-vous.

Photo: CC (by-nc) RebeccaVC1

Comment gérer le mariage ou le baptême des enfants quand papa est catholique et maman protestante? C’est à cette question que l’Association des familles interconfessionnelles de Suisse (AFI-CH) s’est intéressée pendant plus de douze ans. Une problématique qui ne semble toutefois plus concerner le public cible. «Une sorte de relativisation de l’identité religieuse, liée au fait que de moins en moins de personnes se marient à l’Église a progressivement sclérosé les activités de l’association. Ni les couples ni les institutions ne semblent plus vraiment s’y intéresser», déplore le pasteur Jean-Baptiste Lipp, aumônier protestant de l’AFI-CH. Courant 2018, cette association cessera ses activés.

Créée en 2004, l’AFI-CH est héritière du Mouvement des foyers mixtes et vise à conseiller et soutenir les couples et les familles interconfessionnelles, ainsi que les ministres qui président des célébrations œcuméniques. Au-delà de la question du mariage, les enterrements, les baptêmes, le catéchisme pour les enfants et la possibilité d’appartenir à deux confessions simultanément sont au centre des réflexions. «Nous avons voulu proposer un groupe d’entraide par rapport à des questions de loyauté. Mais alors que la religion se privatise et fait de plus en plus partie de l’intime, les gens n’ont plus forcément envie d’en parler».

Quelque 60 membres

L’association compte actuellement quelque 60 membres, des couples mais aussi des ministres et des paroisses. Elle a été mise en place après le second rassemblement mondial des familles interconfessionnelles à Rome en 2003. «À cette époque, la plupart des pays comportaient des associations de ce type, issues de l’émergence du mouvement œcuménique dans les années 1970. Nous souhaitions initialement créer une plate-forme nationale, mais cela n’a jamais pris du côté suisse alémanique qui ne voyait pas la nécessité de se fédérer», précise le pasteur de la paroisse Pully-Paudex de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud, engagé de longue date dans le mouvement œcuménique.

Porteuse d’une histoire, l’association a le projet de publier un ouvrage rassemblant les témoignages de couples mixtes et de ministres qui les ont accompagnés. «J’espère secrètement que des gens vont se réveiller et relancer une plate-forme de réflexion, d'écoute et d'interpellation. La question de la mixité, de l’ouverture à l’autre, est particulièrement stimulante dans les couples. Qu’elles soient religieuses ou culturelles, nous devrions élever les débats à toutes les mixités».