Gouvernance: l’EERV propose des innovations

Le groupe de travail mixte (de gauche à droite): Philippe Leuba, conseiller synodal et président du groupe de travail – Anne Abruzzi, présidente du Conseil synodal – Dominique Kohli, délégué du Synode – Olivier Leuenberger, délégué du Synode – Laurence Bohnenblust-Pidoux, conseillère synodale – Simon Butticaz, délégué du Synode. / ©Lucien Cogne / Médias-pro
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Le groupe de travail mixte (de gauche à droite): Philippe Leuba, conseiller synodal et président du groupe de travail – Anne Abruzzi, présidente du Conseil synodal – Dominique Kohli, délégué du Synode – Olivier Leuenberger, délégué du Synode – Laurence Bohnenblust-Pidoux, conseillère synodale – Simon Butticaz, délégué du Synode.
©Lucien Cogne / Médias-pro

Gouvernance: l’EERV propose des innovations

Parité
C’était un point d’achoppement majeur de l’institution. L’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) propose une ambitieuse série de transformations structurelles. A l’initiative du Synode, elles ont été élaborées conjointement par des représentants de l’exécutif et de l’organe délibérant.

«24 pierres angulaires»: c’est le nom des propositions que le Synode (délibérant) de l’EERV discutera les 19 et 20 avril prochain. Voilà deux ans que l’Eglise réformée bute sur sa gouvernance. Quatre conseillers synodaux (exécutif) ont démissionné, plusieurs rapports ont été rédigés, une consultation a été réalisée. La trentaine de propositions élaborées tiennent compte des travaux précédents, mais émanent – sur mandat du Synode – d’un groupe réunissant, à parité, des délégués du Conseil synodal et des représentants du Synode. Les artisans de ce renouveau, toutes des personnalités expérimentées, ont échangé de manière nourrie, franche et approfondie pour parvenir – fait d’importance – à un accord unanime.

Innovantes, les propositions concernent trois domaines qui cristallisaient les tensions: l’organisation de l’institution, les liens entre les organes exécutif et délibérant l’administration de l’Eglise. Pour chaque sujet, deux axes ont été poursuivis, souligne Philippe Leuba, président du groupe de travail: «Mieux associer les instances locales à la conduite de leur Eglise, simplifier les structures.»

Communautés paroissiales

Sur le plan organisationnel, la proposition prévoit entre autres un passage de 86 paroisses à 25 à 30 communautés paroissiales. Ces structures, «unités de base de l’EERV», et reposant sur des «solidarités interparoissiales parfois déjà en place», auraient une «identité ecclésiale et sociale» plus forte que celle des actuelles Régions, souvent jugées trop grandes, précisent Simon Butticaz et Laurence Bohnenblust-Pidoux, chargés de ce sujet. Elles seraient complétées par des «ecclésioles», «communautés de trois ordres: célébrantes, immersives ou contextuelles», notamment inspirées d’initiatives catholiques (diocèse de Lyon, par exemple). L’idée est d’accueillir les initiatives, mais aussi «de promouvoir l’unité et la solidarité», résume Laurence Bohnenblust-Pidoux. Chaque communauté serait dotée au minimum d’un poste de pasteur, mais aussi de deux postes de diacres ou animateurs d’Eglise qui, nouveauté aussi, seraient reconnus comme des ministres – mais le débat sur leur consécration serait abordé ultérieurement.

Inspiration politique

Pour améliorer les liens entre exécutif et délibérant, une série de pistes ont été dégagées: placer toutes les entités administratives de l’EERV sous l’autorité de l’exécutif, de manière à apporter de la «cohérence» à l’institution, explique Philippe Leuba, qui a travaillé sur ce sujet avec Dominique Kohli. Un chancelier, sorte de «mémoire» de l’institution, serait nommé, sa fonction calquée sur son équivalent au Conseil d’Etat vaudois; la présidence de l’EERV serait tournante, sur le principe du Conseil fédéral. Des groupes de travail mixtes, à la manière de celui qui a forgé ce projet, seraient facilités. Une commission de candidature veillerait au respect de critères pour les candidats postulant au Conseil synodal. Pour les communautés paroissiales, un droit de référendum et des mesures de consultation seraient mis en place. Une série de procédures aurait aussi pour but de mieux «relier le Synode avec les lieux dont sont issus ses délégués». Enfin, pour ce qui est de l’administration, la principale innovation consiste en une réduction du nombre de services: deux, contre quatre actuellement: un pôle consacré à la vie communautaire et à la formation, le second à la diaconie et à l’ouverture au monde, placés directement sous la responsabilité d’un conseiller synodal.

Une réforme conséquente donc, dont le groupe de travail souhaite faire part au Synode le plus tôt possible avant sa session d’avril.